J’étale de la Confiture pour supporter vos murs

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Le faut bien vivre allégoré en une matière un peu gluante et beaucoup sucrée. Se redécouvrir, se réinventer dans des sources plus simples de contentement (parce que pas le choix) pour activer les sens, nous tenir vivants au milieu d’un environnement en train de se vider. Décodifier. Contourner. S’étaler. Danser. Imaginer.

J’ai pris le mot Confiture pour rigoler un peu, mais pour désigner très sérieusement la manière dont je pense qu’on peut s’émanciper et s’affirmer dans la légèreté, et au milieu d’une crise individuelle ou collective : par le lâcher prise et le fait de prendre tout lieu comme un possible espace de jeu de mouvement, malgré les murs qui nous entourent. Par le fait de se concentrer sur les plaisirs les plus simples, la nourriture par exemple. Et par un étalement sans complexe dans les cultures artistiques de tous domaines, en regard ou en pratique.

Pour aller plus loin et s’amuser, j’avais également demandé à d’autres danseurs amateurs de m’envoyer leur interprétation de la Confiture pour partager en ligne à l’occasion de cette Journée internationale de la Danse du 29 Avril. Ça a donné lieu à deux improvisations engagées et décalées, à (re)voir sur YouTube.

En mars 2020 j’ai mené un souk chorégraphique sous coloc confinée à Saint-Denis, conceptualisant ma Confiture. J’avais écrit un texte, en plus de la video réalisée pour la Journée Internationale de la Danse, toujours d’actualité en octobre 2020, je le partage avec un petit montage du shooting confi avec @howibecamethebomb !

Comment ton corps réagit quand d’un coup des murs se dressent autour de lui ? À huis-clos, coincé entre la baie vitrée d’une cuisine, exposée, et la porte transperçante d’une chambre de coloc’. Où trouve-t- on du plaisir dans une vie prise en étau entre les informations anxiogènes et des parois en carton ?

Dans la confiture étalée, avec grâce dansée.

Degré zéro. Parce que la confiture qui s’étale c’est le fantasme de l’abondance, celle-là même dont le plus grand nombre se trouve privé. «Venez on danse, on en met partout ? » énoncé comme une forme de résistance absurde, une manière de se libérer. De souligner que le détournement peut sauver, et que le quotidien le plus simple lutte contre la superficialité. Manger. Une illustration sensible et décalée d’un moment historique où tous nos modes de consommation, nos manières d’appréhender le temps qui passe et notre relation à autrui sont remis en cause.