Projet Entre Les Dalles

Expérimentation artistique, sociale et urbaine sur invitation de la Maison Jaune Saint-Denis (93), première phase réalisée au cours de l’été 2020. Sous la forme d’une résidence d’écriture chorégraphique dans l’espace public et ateliers enfants avec 3 volets :

  1. ÉCRITURE DANS L’ESPACE PUBLIC : LA FIGURE CHORÉGRAPHIQUE DE LA SPIRALE SOCIALE
  2. ATELIERS ENFANT : FIGURES ANIMALES ET PETITES FILLES ÉMANCIPÉES
  3. EXPOSITION A-VENIR : RESTITUTION PHOTOGRAPHIQUE DE LA RÉSIDENCE
Photo : Manaure Marin

ÉCRITURE DANS L’ESPACE PUBLIC : LA FIGURE CHORÉGRAPHIQUE DE LA SPIRALE SOCIALE

Occuper l’espace public de manière créative et se servir de l’architecture des dalles de béton de l’îlot 8 à Saint-Denis (93) pour construire une proposition en danse sur un terrain extérieur jusque là non investi par cette discipline artistique. Ce fût le premier défi proposé par la directrice de la Maison Jaune à l’été 2020, qui a ouvert ses portes à Tenshann pour un travail de développement d’écriture chorégraphique et de réflexion sur la manière la plus adaptée d’investir les locaux par la danse tout en y associant les habitants.

Extrait de brouillon d’écriture chorégraphique.
Musiques proposées en support de la résidence et des ateliers :
Respire (Marie Plassard x Dinos), Bossa Muffin (Flavia Coelho)

Pendant deux mois à intervalles réguliers, j’ai travaillé à la recherche d’une représentation chorégraphique de ce que j’étais en train d’expérimenter dans ces lieux, tout en profitant de l’espace alloué pour fixer ma boîte à outils de création et transmission en danse. J’ai essayé de mélanger mouvements et concepts, témoignages de vies quotidiennes et abstractions contemporaines pour figurer un espace de danse illustrant les peurs, la joie, les doutes, les intentions corporelles exprimées au cours des ateliers. Ce que j’ai retenu au final comme schéma chorégraphique, ce sont les lignes de « la spirale » auxquelles j’ai ajouté le mot « sociale » pour suggérer le contexte socio-économique singulier de cette résidence d’écriture.

La spirale c’est l’image du cercle ouvert, dans lequel chacun est libre de circuler, de rester ou de s’en aller. C’est une liberté figurative donc, géométrique, avec des possibilités d’interprétation infinies en danse, par des mouvements de bras fluides et aériens, ou par des marquages au sol. Et c’est aussi un parti pris artistique qui aborde la question de l’engrenage social car dans une spirale les chemins se croisent dans des couloirs déjà tracés.

ATELIERS ENFANT : FIGURES ANIMALES ET PETITES FILLES ÉMANCIPÉES

Au cours de l’été, j’ai eu l’opportunité de donner huit ateliers de danse guidée et d’éducation à la culture chorégraphique contemporaine aux jeunes filles du quartier de l’îlot 8. Ça a été l’occasion d’échanger autour de nos visions de la danse, de ce que sa pratique fait surgir en chacune. L’idée, outre proposer des temps d’initiation, c’était de trouver un langage commun de mouvements pour développer une chorégraphie en fin de parcours et construire un imaginaire en collectif. J’ai demandé aux filles de s’inspirer de la manière de se mouvoir des animaux pour créer des gestes libres et créatifs. Mis bout à bout, cela a donné lieu à une grande séquence chorégraphique où l’on pouvait se voir attraper les petits papillons dans les airs, sautiller ou ramper sur un sol couvert d’herbe verte, pour le symbole.

Le défi aussi pour les filles c’était d’être capables de présenter devant tout le monde, et notamment parents et grands frères, ce travail en danse. Un spectacle comme un acte d’émancipation et un regard confiant sur leur capacité à émettre des idées artistiques. Des propositions libres et dirigées par la simple joie de danser et de se rouler par terre toutes ensembles.

Photo : Manaure Marin

EXPOSITION A-VENIR : RESTITUTION PHOTOGRAPHIQUE DE LA RÉSIDENCE DANS LES LIEUX (REPORTÉE, DATE COMMUNIQUÉE ULTÉRIEUREMENT )

PHOTOS : MARCELA BARRIO HERNANDEZ