Projet Entre Les Dalles

EN PARTENARIAT AVEC LA MAISON JAUNE SAINT-DENIS (93)

Photo : Manaure Marin

ÉCRITURE DANS L’ESPACE PUBLIC : LA FIGURE CHORÉGRAPHIQUE DE LA SPIRALE SOCIALE

La Maison jaune est située en plein cœur du centre de ville de Saint-Denis dans un Local Commun Résidentiel (LCR) de 150 mètres carrés au rez-de-dalle de l’îlot 8, un bâtiment imaginé dans les années soixante-dix par l’architecte Renée Gailhoustet, et considéré patrimoine; 

La Maison Jaune est une association culturelle d’art contemporain et développement social située au cœur de Saint-Denis; ouverte depuis 2017, elle accueille les habitants, enfants et parents, pour participer à des ateliers, des événements culturels et éducatifs et des résidences artistiques. En permettant aux habitants de se réapproprier leur lieu de vie, la Maison Jaune revitalise de manière innovante une dynamique de vie commune citoyenne. Par une approche artistique et sensible, les activités, les ateliers et les événements émergent des propositions des habitants eux-mêmes, de leurs histoires, dans leurs contextes. Au fur et à mesure des projets, ils acquièrent des outils qui leur permettent d’agir en prenant des initiatives diverses dans la co-construction de leur quartier.

Tout au long de l’année la Maison Jaune organise des programmes à l’intérieur de son local et dans l’espace public pour toujours être en conversation et coconstruire avec les habitants du quartier. La Maison Jaune, en partenariat avec l’association Tenshann, souhaite aujourd’hui développer le projet ENTRE LES DALLES qui propose un grand évènement danse pour dynamiser le cadre de vie du quartier de Saint-Denis de la Basilique, à travers des activités d’éducation artistique et culturelle, fédératrices de lien social. Cette idée est née à l’été 2020, suite à une rencontre entre l’artiste/directrice de la Maison Jaune Julia  Lopez, et Agnès Ratsimiala, chorégraphe résidant alors dans la ville, et directrice de l’association Tenshann.

Cette dernière oeuvre pour la création et la promotion de l’art chorégraphique. Avec elle et grâce à la danse, la Maison Jaune imagine le ré-investissement créatif de l’espace public situé devant le bâtiment, pour permettre aux habitants — et plus particulièrement à la frange féminine — de ré-enchanter une manière d’être ensemble et de participer activement au réaménagement d’un territoire situé au centre de la ville mais bénéficiant d’une mauvaise réputation. Mauvaise pub et manque de visibilité, et ce malgré la présence d’une jeunesse dynamique et motivée pour dorer l’image du quartier et s’ouvrir à de nouvelles pratiques culturelles, comme celle de la danse, et de l’art contemporain, d’une manière plus globale.

À cet endroit, la Maison Jaune recherche des financements pour appuyer les aspirations de ces jeunes qui l’entourent. C’est-à-dire soutenir la continuité des activités danse avec Tenshann, car celles-ci permettent de faire événement pendant l’été, d’élargir l’imaginaire social, de créer des ponts, de décloisonner ce quartier en diversifiant les propositions artistiques à destination des habitants, mais aussi de faire émerger des aspirations danse dans le quartier en leur permettant d’échanger avec des intervenants venus d’autres régions.

Photo : Manaure Marin

Concrètement, cet accueil en résidence danse a favorisé en 2020 des travaux au sein de la Maison Jaune, avec notamment le remplacement du revêtement sol pour permettre des pratiques chorégraphiques aux normes. Ainsi tous les week-end de juillet et août des ateliers à destination des enfants ont pu se tenir. Cela a permis aux participants, et notamment aux petites filles, de s’acculturer à l’écriture de la danse contemporaine et d’émettre leur propre vision d’un quartier plus convivial et plus fleuri.

Ensemble aujourd’hui, chorégraphe et habitants imaginent la  “Création d’une chorégraphie in situ” : chorégraphies de l’urbain afin d’interpréter le paysage de la Dalle avec son corps. Une nouvelle façon de relire les perspectives de l’architecture et de les mettre en mouvement pour ainsi créer une mémoire corporelle du territoire.


À travers notamment des marquages artistiques au sol traduisant la progression en spirale des mouvements d’Agnès Ratsimiala. En spirale comment une continuité de la première recherche de la chorégraphe, réalisé in situ à la Maison Jaune en  2020, ou elle s’inspire de ses échanges réguliers avec les habitants, du quartier et de la architecture brutaliste de Renée Gailhoustet. Aujourd’hui elle poursuit aussi ce travail ailleurs, dans ses résidences au Centre national de la Danse de Lyon et avec des compagnies professionnelles.

La Maison Jaune souhaite convier la chorégraphe de Tenshann à venir faire évènement chaque été sur 3 ans. Elle s’organise en festival danse de l’îlot 8 (4 jours) en engageant des  habitants et des artistes pendant 2 jours d’ateliers. Tout le matériel visuel produit ( photos, video) pendant cette expérience s’articule en une exposition intitulée A-VENIR. Celle-ci sera permanente, se tiendra le long de l’année pour convier écoles et collèges de Saint-Denis.

Ce projet ENTRE LES DALLES s’inscrit dans l’amélioration du vivre ensemble d’abord à travers la mise en place d’actions intergénérationnelles, inclusives et ouvertes à tous.te.s. Et de plus car il ouvre des perspectives et des champs artistiques inexplorés ici, suscite l’engagement associatif dans le quartier et un fonctionnement en réseau culturel à l’échelle locale et en portée nationale.

Extrait de brouillon d’écriture chorégraphique.
Musiques proposées en support de la résidence et des ateliers :
Respire (Marie Plassard x Dinos), Bossa Muffin (Flavia Coelho)

« Pendant deux mois à intervalles réguliers, j’ai travaillé à la recherche d’une représentation chorégraphique de ce que j’étais en train d’expérimenter dans ces lieux, tout en profitant de l’espace alloué pour fixer ma boîte à outils de création et transmission en danse. J’ai essayé de mélanger mouvements et concepts, témoignages de vies quotidiennes et abstractions contemporaines pour figurer un espace de danse illustrant les peurs, la joie, les doutes, les intentions corporelles exprimées au cours des ateliers. Ce que j’ai retenu au final comme schéma chorégraphique, ce sont les lignes de « la spirale » auxquelles j’ai ajouté le mot « sociale » pour suggérer le contexte socio-économique singulier de cette résidence d’écriture.

La spirale c’est l’image du cercle ouvert, dans lequel chacun est libre de circuler, de rester ou de s’en aller. C’est une liberté figurative donc, géométrique, avec des possibilités d’interprétation infinies en danse, par des mouvements de bras fluides et aériens, ou par des marquages au sol. Et c’est aussi un parti pris artistique qui aborde la question de l’engrenage social car dans une spirale les chemins se croisent dans des couloirs déjà tracés. » Agnès

EXPOSITION A-VENIR : RESTITUTION PHOTOGRAPHIQUE DE LA RÉSIDENCE DANS LES LIEUX

PHOTOS : MARCELA BARRIOS HERNANDEZ